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Madeleine Wimmer Centre Hospitalier Saint-Grégoire

Art-thérapie : les effets relationnels de l’art dans un projet de soin

13 Juin.

Au Centre Hospitalier Privé Saint-Grégoire, Madeleine Wimmer exerce le métier d’art-thérapeute. Cette ancienne comédienne et metteur en scène a suivi une formation et est diplômée d’un master II délivré par la faculté de médecine de Tours. Elle exerce depuis 10 ans. Rencontre avec cette professionnelle et ce métier qui selon ses patients « apportent du soleil » « une bouffée d’oxygène » et « touchent l’âme ».

Qu’est-ce que l’art-thérapie ?

Madeleine W : L’art-thérapie est une profession paramédicale. Elle exploite de façon originale et adaptée le pouvoir expressif et les effets relationnels de l’art dans un projet de soin. Mes techniques artistiques sont le chant, l’écriture et le théâtre (clown, lecture, interprétation de personnages…).

art-thérapie CHP Saint-Grégoire

Comment intervient l’art-thérapie dans le parcours de soin ?

Madeleine W : L’art-thérapie est considéré comme un soin de support. J’interviens au Centre Hospitalier Privé Saint-Grégoire dans trois services : chimiothérapie, médecine oncologique et soins palliatifs. Les demandes se font soit directement par les patients, soit sur indication des équipes. J’interviens à différentes étapes du parcours de soin : suite à l’annonce, durant les soins à visée curative, durant la convalescence et les soins à visée palliative. J’interviens parfois à chacune de ces étapes pour un même patient.

Il n’y a pas de séance type. Chaque séance est adaptée au patient. Parfois actif, parfois dans l’écoute… Les séances sont individuelles, en chambre ou dans le bureau. Parfois les proches du patient sont présents. Je rempli mes grilles d’observations qui me permettent de voir l’évolution de la prise en charge et de réévaluer les objectifs art-thérapeutiques puis de transmettre mes observations aux autres professionnels.

Travaillez-vous avec d’autres professionnels de santé ?

Madeleine W : Je travaille avec tous les professionnels de santé : infirmières, aides-soignantes, médecins, et en étroite collaboration avec les collègues des soins de support (socio-esthéticienne, psychologues …).

Par ailleurs, nous nous relayons les informations sur les patients auprès de qui nos interventions pourraient être bénéfiques et complémentaires. Nos collaborations se font principalement par échanges d’informations et réflexions sur l’optimisation des soins pour les patients.

En outre il est arrivé que j’intervienne conjointement avec mes collègues. Il est possible que je fasse une séance en même temps que la toilette au lit d’une personne pour qui la médication n’est pas suffisante pour calmer les douleurs à la mobilisation. Ces séances ont un effet très apaisant sur les patients.

Comment devenir art-thérapeute ?

Madeleine W : L’art-thérapie telle que je la pratique est appelée art-thérapie moderne (pour la distinguer de l’art-thérapie traditionnelle qui est, elle, un support à la psychothérapie).

L’art-thérapeute exploite le potentiel artistique d’une personne (avec tous les mécanismes que cela sous-entend : sensoriels, cognitifs, émotionnels, relationnels…) en ayant pour objectif le soin. Ici l’art-thérapeute est considéré comme un thérapeute rééducateur. Il intervient sur la partie saine du patient en valorisant ce qu’il sait, peut et aime faire ou contempler (écouter, regarder). Il ne suffit pas d’écouter les gens parler pour être psychologue, il ne suffit pas de faire de l’art dans un lieu de soin pour être art-thérapeute.

Du fait des différents courants art-thérapeutiques, il n’existe pas encore de diplôme d’état. Me concernant il s’agit d’un diplôme universitaire, master II délivré par la faculté de médecine de Tours suite à la formation dispensée par l’AFRATAPEM.

Madeleine Wimmer nous partage un « beau moment »

« Me revient en mémoire une patiente de 68 ans en soins palliatifs. Je la suivais depuis trois semaines. Lors d’une séance, elle m’avait fait part de son envie de chanter une chanson précise pour sa fille avec qui les rapports étaient conflictuels. Malheureusement, son état s’est rapidement dégradé, elle n’a plus été capable de chanter et de s’exprimer verbalement. Pour notre avant-dernière séance, Mme P était très somnolente et sa fille était présente. Je lui ai fait part du souhait de sa mère et elle a accepté d’écouter la chanson. Quand j’ai commencé à chanter, Mme P s‘est éveillée, a fait entendre un peu le son de sa voix et a tendu la main vers sa fille, qui l’a saisie. »

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