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Prévention : la dépendance à l’alcool – Dr Anne Rouillon – Addictologue

01 Fév.

Selon Santé Publique France, chaque année en France, le nombre de décès liés à la consommation d’alcool se situe entre 40 000 et 50 000, soit près de 10% de la mortalité toutes causes confondues. Rien qu’en France, 5 millions de personnes ont un usage dit « à risque » de l’alcool et frôle la dépendance. Des chiffres et une dépendance à l’alcool alarmante que souligne le Dr Anne Rouillon, addictologue au CHP Saint-Grégoire. « Il est important de pouvoir prendre en charge les patients au plus vite, avant que le stade de la dépendance soit installé » Dr Anne Rouillon. Alors quand doit-on s’inquiéter ? Quels sont les signes de la dépendance à l’alcool ? Dr Anne Rouillon présente les informations nécessaires dans cet article.

Dépendance à l’alcool, quand doit-on s’inquiéter ?

La dépendance est définie par une incapacité à maitriser ses consommations malgré les conséquences négatives. C’est la « perte de la liberté de s’abstenir ».

Selon le Dr Rouillon, les signes physiques de la dépendance à l’alcool sont nombreux et peuvent être marquées par l’apparition d’un syndrome de sevrage à l’arrêt de la consommation d’alcool. Apparait alors « le manque physique » qui se traduit par l’apparition de symptômes comme de l’anxiété, des sueurs, une agitation, de la confusion, des insomnies, des tremblements et des convulsions.

Il existe également une dépendance psychologique (craving) reflétée par le besoin compulsif de prendre de l’alcool.

Les signes comportementaux

Au-delà des problèmes de santé qui peuvent être nombreux, une dépendance à l’alcool entraîne des répercussions importantes sur la vie personnelle et professionnelle d’un individu. « Les répercutions peuvent toucher toutes les parties de la vie de la personne dépendante » Dr Rouillon.

Des répercussions sur :

  • la santé
  • le moral (symptômes dépressifs, perte de confiance et d’estime de soi)
  • la vie personnelle et famille (repli sur soi-même et manque de communication, agressivité)
  • le travail (perte d’emploi, absence répétée au travail et perte de motivation)
  • la diminution des loisirs et l’arrêt du sport
  • le juridique et le financier

Addictologue - Rennes - CHP Saint-Grégoire

Les caractéristiques de la consommation

Par ailleurs, il est important de pouvoir analyser notre consommation d’alcool et les répercussions que peut avoir notre consommation sur notre vie. Pour cela, différents critères d’analyse existent :

  • usage simple :  je consomme de l’alcool et les quantités répondent aux recommandations
  • usage à risque :  je consomme régulièrement et je suis au dessus des normes
  • usage nocif : je consomme et j’observe les prémices de répercussions négatives sur ma vie (perte de permis de conduire par exemple , absence répétée au travail, perte de l’intérêt des loisirs, …)
  • dépendance : je continue de consommer malgré les répercussions négatives qui peuvent exister sur ma vie personnelle et/ou professionnelle

Les normes de la consommation d’alcool

Il n’y a pas de consommation d’alcool sans risque, mais des consommations à risque plus ou moins élevé. Santé publique France et l’Institut national du cancer ont tenté de définir des risques acceptables et proposent une valeur repère unique aussi bien pour les hommes que pour les femmes exprimée sous la forme d’un nombre de verres d’alcool standard : 10 verres d’alcool standard par semaine, maximum, sans dépasser 2 verres standard par jour.

Par ailleurs, l’option la plus sûre est de ne pas consommer d’alcool, notamment dans les situations suivantes :

  • pendant toute la durée de la grossesse et de l’allaitement
  • pendant l’enfance, l’adolescence et toute la période de croissance
  • en cas de conduite d’un véhicule
  • lors d’une pratique d’une activité physique
  • en cas de consommation de médicaments
  • si l’on présente certaines maladies (selon conseils de son médecin)

Un verre standard d’alcool

Attention, les verres d’alcool que vous vous servez à la maison sont souvent plus grands que ceux servis dans les bars, la quantité d’alcool est donc plus importante. Tous ces verres, tels que servis dans les bars, contiennent la même quantité d’alcool pur : environ 10 grammes, soit un verre standard. Respectez-vous bien ces normes à la maison ?

standard - verre

Vous avez un proche en difficulté ? Vous souhaitez l’aider ?

« Il faut le soutenir mais pas faire à sa place » Dr Anne Rouillon.

Si l’individu n’est pas prêt à faire la démarche, alors cela n’aura pas de sens. Prendre rendez-vous pour un proche qui n’est pas prêt à consulter n’est pas bénéfique et au contraire peut brusquer encore plus la personne dépendante. Cela n’empêche pas de lui donner les coordonnées d’un professionnel de santé qui pourra l’aider. L’accompagnement et l’écoute de l’individu en difficulté est la plus grande aide que pourra fournir la famille ou les amis. Chaque cas est différent.

Cet article n’équivaut pas à un avis médical. N’hésitez pas à en parler à votre médecin si vous en ressentez le besoin.

 

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